
Le suivi de positions, cette courbe que votre outil SEO dessine chaque matin pour vous dire où votre site apparaît sur Google, repose sur une opération que Google rend de plus en plus difficile. Depuis mi-septembre, plusieurs éditeurs d’outils reconnaissent collecter nettement moins de données que d’habitude. Le signalement le plus net vient de Derek Perkins, fondateur de l’outil Nozzle, qui a décrit une chute d’environ 80 % des données qu’il parvient à récupérer. Rien ne change pour votre site lui-même. En revanche, un graphique qui plonge ou qui se fige ces jours-ci peut raconter une panne d’outil plutôt qu’une chute de classement, et c’est ce qu’il faut savoir distinguer.
En bref
Google bloque plus efficacement les robots qui lisent ses résultats, et les outils de suivi de positions en font les frais.
Nozzle parle d’environ 80 % de données en moins, et Sistrix annonce une collecte ralentie depuis le 16 septembre.
Selon les outils, la reprise n’est pas la même, ce qui peut créer de fausses variations dans vos tableaux.
Avant de réagir à une baisse, comparez toujours avec la Search Console, qui tire ses chiffres de Google lui-même.
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Pourquoi le suivi de positions devient plus difficile depuis mi-septembre

Un outil de suivi de positions fonctionne avec des robots qui tapent vos mots-clés dans Google, lisent la page de résultats et notent à quel rang apparaît votre site. Google n’a jamais aimé ce procédé, et il le freine un peu plus chaque mois. Fin août, la firme avait déjà commencé à faire passer chaque clic par une adresse intermédiaire, comme nous l’expliquions dans notre article sur la redirection google.com/goto, ce qui oblige les robots à suivre chaque lien un par un pour savoir où il mène.
Une nouvelle marche a été franchie autour du 13 septembre. Barry Schwartz, du site Search Engine Roundtable, rapporte dans son article du 18 septembre que Google semble mieux réussir à bloquer les robots d’aspiration et les outils de suivi. Il relie ce mouvement aux vérifications « êtes-vous un humain » que Google teste depuis plusieurs semaines avant d’afficher certains résultats. Un outil qui ne peut plus lire Google ne voit plus votre site.
Google n’est d’ailleurs pas seul sur cette ligne. Le même jour, Search Engine Roundtable signalait que Bing demande à son tour à certains internautes de prouver qu’ils sont humains avant d’afficher ses résultats. Barry Schwartz range d’ailleurs dans le même lot les robots qui aspirent les résultats pour nourrir des systèmes d’IA et ceux des outils de suivi. Les outils de suivi de positions se retrouvent pris dans le même filet, que leurs éditeurs le veuillent ou non.
Derek Perkins, de Nozzle, cité dans ce même article, décrit une baisse d’environ 80 % des données récupérées, et précise avoir constaté des difficultés du même ordre chez DataForSEO, un fournisseur de données sur lequel s’appuient de nombreux outils. Sistrix a publié le 16 septembre un message sur sa page d’état : Google a encore modifié la manière dont il livre ses résultats, et la collecte de l’outil tourne au ralenti. Steve Paine, chez Sistrix, nuance en expliquant que les données continuent d’arriver et que l’équipe adapte ses procédés.
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Ce que ces trous de données changent dans vos rapports
La conséquence la plus concrète tient aux écarts entre outils. Le consultant Glenn Gabe, dont Barry Schwartz reprend les observations, a comparé plusieurs outils après la dernière série de secousses dans les résultats de Google : Ahrefs a vu la reprise, Semrush aussi avec un temps de retard, tandis que Sistrix ne l’avait pas encore captée. Autrement dit, deux outils peuvent afficher la même semaine une remontée pour l’un et une stagnation pour l’autre, alors que votre site n’a rien fait de différent.
Le calendrier complique encore la lecture. Barry Schwartz signale des mouvements de classement autour du 4, du 12 et du 15 septembre, sans confirmation officielle de Google. Quand les résultats bougent réellement et que les outils voient moins bien au même moment, il devient difficile de savoir si une courbe reflète le marché ou les limites de l’outil. Ce qu’il faut avoir en tête, c’est qu’un point manquant ou une mesure moins fréquente peut ressembler à une chute sur un graphique.
Pour un débutant qui paie un abonnement, il y a aussi une question de prix. Quand collecter une page de résultats coûte plus cher, un éditeur a trois options : augmenter ses tarifs, mettre à jour ses positions moins souvent, ou réduire le nombre de mots-clés suivis dans chaque formule. Rien n’est annoncé en ce sens aujourd’hui. Cela dit, relire les conditions de son abonnement au moment du renouvellement n’est pas du luxe.
Suivi de positions : la Search Console comme point de repère

La Search Console, l’outil gratuit de Google, ne dépend d’aucun robot : ses chiffres viennent directement des recherches réelles. Sa position moyenne se calcule sur le meilleur rang atteint par votre site pour chaque recherche, puis moyennée, comme l’explique la documentation de Google. Elle ne dit pas tout, mais elle ne peut pas être privée de données par un blocage de robots. Si vous débutez avec cet outil, notre chapitre sur la Google Search Console reprend les bases.
Concrètement, devant une baisse dans votre outil de suivi, trois vérifications suffisent. Regardez d’abord si les clics et les impressions de la Search Console baissent aussi sur la même période. Vérifiez ensuite si l’outil signale des données manquantes ou un message d’incident, comme la page d’état de Sistrix. Enfin, comparez plusieurs mots-clés entre eux. Si tous bougent le même jour, y compris ceux dont les clics restent stables dans la Search Console, la piste de l’outil devient la plus probable.
Bref, le suivi de positions reste utile pour repérer une tendance sur plusieurs semaines. Il l’est beaucoup moins pour juger une journée isolée, et encore moins en ce moment. Le trafic réel et les demandes de contact restent les indicateurs qui comptent pour une petite entreprise.

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