
Le classement des sites cités par les AI Overviews de Google circule beaucoup depuis cet été, et il a de quoi décourager quand on débute : YouTube, Reddit, Facebook et une poignée d’autres géants trustent tout le haut du tableau. La bonne nouvelle, c’est que ce tableau contient une information bien plus utile que son podium, à condition de commencer la lecture au dixième rang. Les 41 domaines qui suivent les géants n’ont ni leur audience ni leur historique, et ils sont cités quand même, tous les jours, sur des dizaines de milliers de pages. On va reprendre l’étude Ahrefs qui produit ce classement, regarder qui sont ces 41 sites, isoler ce qu’ils partagent vraiment, puis en tirer trois chantiers applicables à un site normal. Aucun outil payant n’est nécessaire pour appliquer ce qui suit.
En bref
Ahrefs a relevé les domaines cités par les AI Overviews de Google sur plus de 3 millions de requêtes, toutes thématiques confondues.
Neuf plateformes captent 79,7 % des citations du top 50 à elles seules, YouTube en tête avec 21,1 %.
Les 41 sites cités restants se rangent en six familles qui publient toutes la même chose : des données vérifiables, prix, notes, cotes, seuils, définitions.
Le chantier GEO qui en découle : structurer vos pages en données extractibles, sur une verticale précise, avec des preuves sourcées.
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ChatGPTUne part de mention calculée sur trois millions de requêtes

Les chiffres viennent de Brand Radar, l’outil d’Ahrefs qui enregistre les réponses des moteurs IA sur des requêtes réelles. Pour ce classement, chaque domaine cité en source par les AI Overviews de Google a été relevé sur plus de 3 millions de requêtes couvrant toutes les thématiques, majoritairement américaines, complétées par des panels belge et suisse. La version française du classement est publiée et remise à jour chaque mois par Juliette Begue, responsable marketing d’Ahrefs France. Le tableau complet, avec la part de chaque domaine et son évolution mensuelle, se consulte dans le classement Ahrefs des domaines les plus cités par les AI Overviews.
La métrique demande une minute d’attention, parce qu’elle conditionne toute la lecture. La part de mention exprime les citations d’un domaine en pourcentage des citations cumulées des 50 sources les plus référencées. C’est donc une part d’attention relative au top 50, pas une part du web entier. Un site absent du tableau peut très bien être cité de temps en temps, simplement moins souvent que le cinquantième du classement. L’étude fournit aussi, pour chaque domaine, le nombre de pages distinctes citées et le Domain Rating, l’indicateur Ahrefs qui note de 0 à 100 la solidité d’un profil de backlinks. Le croisement des deux colonnes est précieux : il permet de distinguer un site cité souvent sur une poignée de pages d’un site cité largement sur tout son catalogue. Healthline, par exemple, capte 0,8 % des citations avec à peine plus de 10 000 pages citées, un rendement par page parmi les plus élevés du tableau.
Le sommet du tableau n’a rien de surprenant. YouTube capte 21,1 % des citations avec plus de 1,7 million de pages référencées, Reddit suit à 18,5 %, Facebook à 10,7 %. Viennent ensuite Google lui-même à 7,1 %, Instagram à 5,8 %, Quora à 5,0 %, Wikipédia à 4,8 %, Amazon à 3,5 % et TikTok à 3,2 %. En additionnant les parts publiées, neuf plateformes concentrent 79,7 % des citations mesurées. Ce poids des plateformes communautaires rejoint ce qui ressort de notre article sur la place de Reddit et Wikipédia dans les citations des IA. Et l’enjeu d’audience est réel : Google annonce que les AI Overviews touchent plus de 2 milliards d’utilisateurs mensuels dans plus de 200 pays.
Les 41 sites cités restants une fois les géants retirés
Point de vigilance avant d’imiter qui que ce soit : le top 9 ne vous apprend rien d’exploitable. Ces neuf domaines sont des infrastructures du web, quatre réseaux sociaux, une plateforme vidéo, un forum mondial, une encyclopédie, une marketplace et le moteur lui-même. Leur présence massive décrit l’architecture d’internet, pas une stratégie SEO ou GEO qu’une marque pourrait reproduire. Personne ne devient YouTube en travaillant son balisage. La question utile se situe un cran plus bas : qu’est-ce qui perce dans ce classement sans être un mastodonte historique ?
Les rangs 10 à 50 racontent une histoire beaucoup plus intéressante. On y trouve d’abord l’e-commerce à catalogue structuré : Walmart ouvre cette seconde moitié du tableau à 1,0 %, suivi d’eBay, Home Depot, Target, Best Buy, Lowe’s et Etsy. Des millions de fiches produit normalisées, avec prix, disponibilité et caractéristiques au même endroit sur chaque page. Juste derrière viennent les comparateurs automobiles, Edmunds, Kelley Blue Book, Cars.com et CarGurus, qui publient des cotes et des barèmes de prix mis à jour en continu sur une seule et unique thématique.
Troisième famille, les agrégateurs d’avis : TripAdvisor, Trustpilot, Yelp, Angi et Consumer Reports. Trustpilot gagne d’ailleurs onze places en un mois, la plus forte progression du tableau. Quatrième famille, la santé à validation éditoriale : Healthline, WebMD, GoodRx et PubMed Central, des contenus relus médicalement, avec posologies, seuils et contre-indications explicites. S’ajoutent la presse business et finance, Forbes, Business Insider, le New York Times, CNBC, Yahoo Finance et NerdWallet, puis les sites de référence pure : Merriam-Webster, Collins Dictionary et WikiHow.
Les ordres de grandeur méritent d’être posés honnêtement : aucun de ces 41 domaines ne dépasse 1 % de part de mention. Vu du top 9, c’est marginal. Vu d’un site normal, c’est énorme : Walmart est cité sur 58 671 pages distinctes, TripAdvisor sur plus de 43 000. Une part de mention de 0,4 % dans ce tableau représente des dizaines de milliers de citations mensuelles captées face à tout le web. Le fonctionnement de l’encart lui-même, et ce qu’il change pour un site qui débute, est détaillé dans notre guide complet sur les AI Overviews.
Des données isolables plutôt que de la prose

Reste à expliquer ce que ces six familles de sites cités partagent, et cette grille de lecture est la nôtre, Ahrefs publiant le tableau brut sans interpréter les points communs. Une fiche produit Walmart, une cote Edmunds, une note TripAdvisor, une posologie Healthline, une définition Merriam-Webster : chacune de ces pages porte des éléments qu’une IA peut prélever tels quels, un prix, un chiffre, un seuil, une réponse courte à une question précise. Et la citation se joue à l’échelle du passage prélevé, un fragment sorti de la page plutôt que la page entière. Un moteur génératif assemble sa réponse à partir de fragments, et le balisage structuré, Product, Review ou FAQPage, aide précisément à découper ces fragments proprement. On avait mesuré cet effet dans notre article sur ce que le schema markup change réellement aux citations IA.
Deuxième trait commun, l’autorité topique étroite. Edmunds ne parle que d’automobile, GoodRx que de prix de médicaments, Kelley Blue Book que de cotes de véhicules. Ces sites sont imbattables sur leur verticale et totalement absents partout ailleurs, à l’inverse d’une presse généraliste qui couvre tout sans posséder aucun sujet. Le tableau donne raison aux spécialistes : les généralistes qui s’y maintiennent, Forbes ou le New York Times, y arrivent avec un Domain Rating supérieur à 90 et des décennies d’antériorité, un ticket d’entrée hors de portée. Ce mécanisme de spécialisation rejoint ce qu’on décrivait dans notre analyse de l’autorité thématique comme critère de citation des IA.
La partie la plus contre-intuitive concerne le contenu communautaire : celui des 41 est un contenu vérifié. Un avis TripAdvisor ou Trustpilot est noté sur une échelle, daté, rattaché à un établissement précis et modéré, là où un fil de forum reste une conversation brute dont la fiabilité varie d’un message à l’autre. Reddit pèse 18,5 % du tableau, certes, mais Reddit appartient au top 9 des infrastructures, avec un million de pages citées : ce n’est un modèle pour personne. Toutefois, la leçon vaut pour votre propre site : des avis structurés, notés et vérifiables constituent une matière que les moteurs génératifs savent citer, un livre d’or en texte libre non.

Trois chantiers GEO à copier sur votre propre site
Premier chantier, transformer vos pages en données extractibles. Concrètement : reprendre vos contenus qui se positionnent déjà et isoler la donnée qui s’y cache. Un tutoriel gagne un tableau de durées et de coûts, une page produit affiche prix, dimensions et compatibilités en clair, un article de fond se termine par une FAQ balisée en FAQPage qui répond en deux phrases aux trois questions que tout le monde pose. La manipulation prend deux minutes par page une fois le réflexe installé, et elle donne aux moteurs génératifs exactement ce qu’ils prélèvent chez les 41 sites cités du classement.
Le deuxième levier tient dans le choix d’une verticale précise, à couvrir entièrement plutôt que de viser une autorité générale. Le tableau montre des sites cités massivement sur un périmètre minuscule : les cotes auto, les prix de médicaments, les définitions. Pour un site qui démarre, cela signifie cartographier un sujet étroit, le traiter page par page jusqu’à ce qu’aucune question courante ne reste sans réponse, et accepter de ne rien publier en dehors. En revanche, éparpiller vingt articles sur dix thématiques revient à n’exister nulle part aux yeux d’un moteur qui cherche la source la plus légitime sur chaque requête.
Vient enfin la preuve vérifiable, à adosser à chaque affirmation que vous publiez. Les familles du classement vendent toutes de la vérification : notes agrégées, prix relevés, contenus validés par des médecins, définitions établies. Sur votre site, cela se traduit par des chiffres sourcés et datés, des avis clients authentiques plutôt que des témoignages anonymes, des mesures que vous avez réellement faites. Une donnée vérifiable et datée se cite mieux qu’une affirmation, et elle survit aux mises à jour des modèles, parce qu’elle reste la trace la plus solide disponible sur sa micro-question.
Le piège technique classique consisterait à chercher ici une astuce de plus, un fichier magique à déposer à la racine comme le llms.txt que presque aucun robot ne lit. Le classement des sites cités par les AI Overviews ne récompense aucun raccourci technique. Il récompense un format de contenu, des données isolables, tenues à jour sur une verticale assumée, pendant des années. C’est plus lent qu’un hack, et c’est la seule chose que le tableau valide réellement, mois après mois. Dernier repère pour la suite : Ahrefs annonce une déclinaison française du classement dès septembre, au moment où les AI Overviews s’installent complètement sur le marché français. Les sites cités y seront probablement différents, le format gagnant, lui, a peu de chances de changer.

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