
Les comparatifs publiés par d’autres sites que le vôtre pèsent bien plus lourd dans les réponses des IA que vos propres pages, et deux relevés publiés cette semaine mettent enfin un chiffre dessus. Zeeshan Yaseen, cofondateur de la plateforme RankViz, a suivi pendant plusieurs mois la présence d’une marque dans ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity, puis a recommencé l’exercice sur une seconde marque partie de zéro. Dans le premier cas, près des trois quarts des citations obtenues venaient de listes comparatives hébergées ailleurs. Le résultat contredit frontalement le conseil dominant, qui consiste à optimiser ses propres pages et à attendre. Voilà ce que les deux relevés ont mesuré, et ce qu’un site sans budget de relations presse peut en faire.
En bref
Sur le premier relevé, les listes comparatives publiées par des tiers représentaient 72,4 % des citations obtenues par la marque suivie, et les retombées presse 24,1 %.
Le second test, mené sur trente jours pour une agence partie sans aucune présence, a produit 298 apparitions réparties sur six plateformes, Gemini et Google AI Mode en tête.
Les deux protocoles reposent sur des vérifications manuelles plateforme par plateforme, sur quinze requêtes à intention commerciale, ce qui en fait des relevés de terrain plutôt qu’une étude à grande échelle.
Pour un petit site, la conséquence pratique tient en une phrase : être présent dans les comparatifs des autres compte autant que publier chez soi.
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Ce que deux relevés de citations ont réellement mesuré

Le premier test a suivi quinze requêtes à intention commerciale sur quatre plateformes, ChatGPT, Claude, Gemini et Perplexity, pendant plusieurs mois. Les vérifications se sont faites à la main, requête par requête, avec et sans VPN pour neutraliser les effets de localisation. La marque suivie est ressortie sur dix à douze des quinze requêtes selon les périodes, avec un pic de présence mesuré à 37,01 %. Le décompte des citations donne ChatGPT en tête avec 148 occurrences, devant Claude à 96, Gemini à 87 et Perplexity à 64.
La répartition par type de source est la donnée qui change la lecture. Les listes comparatives ont fourni 72,4 % des citations obtenues, et les retombées presse 24,1 %. Le reste, qui inclut les publications sur le site de la marque et son activité LinkedIn, se partage une part marginale. Yaseen détaille le protocole et les chiffres dans son compte rendu des deux expériences publié sur Search Engine Land.
Le second test répond à une question différente, celle du démarrage à froid. Une agence de netlinking spécialisée SaaS, sans aucune présence préalable dans les réponses génératives, a été suivie pendant trente jours sur les mêmes quinze requêtes commerciales, cette fois sur six plateformes avec l’ajout de Google AI Mode et de Grok. Le compteur est monté à 298 apparitions sur la période. La hiérarchie s’inverse par rapport au premier test : Gemini arrive en tête avec 104 citations, Google AI Mode suit à 95, Claude à 59, ChatGPT à 32, Grok et Perplexity à 4 chacun.
Un mot sur la solidité de tout ça, parce qu’elle conditionne l’usage qu’on en fait. Deux marques, quinze requêtes, des relevés manuels : on parle d’expériences de terrain menées à la main sur deux cas. Les ordres de grandeur méritent attention, les décimales beaucoup moins. Prendre 72,4 % comme une loi générale serait une erreur de lecture, alors que retenir que les sources tierces dominent largement les sources propres reste parfaitement défendable.
Pourquoi les comparatifs des autres pèsent autant

Le mécanisme n’a rien de mystérieux quand on regarde ce qu’une IA fait d’une question commerciale. Quelqu’un qui demande les meilleurs outils d’une catégorie attend une sélection, donc plusieurs noms mis côte à côte avec leurs différences. Une page qui contient déjà cette structure fournit une réponse presque prête, alors qu’une page de marque fournit un seul nom et un argumentaire. Le moteur a besoin d’arbitrer entre des options, et une page qui ne parle que d’elle-même ne l’aide pas à arbitrer.
S’ajoute la question de l’indépendance perçue. Une page qui recommande son propre éditeur porte un conflit d’intérêt visible, et les moteurs génératifs favorisent les sources qui semblent neutres sur une question d’achat. Ce biais recoupe ce qu’on observait déjà sur la sélection des pages : notre article sur la façon dont l’index de ChatGPT retient les pages qu’il cite montrait que le choix se joue sur des signaux de contexte bien avant de se jouer sur le contenu de la page elle-même.
Cela dit, il serait faux d’en conclure que votre site ne sert à rien. Les deux relevés mesurent la source citée dans la réponse. Le chemin qui a conduit le moteur à retenir la marque reste hors du champ de la mesure. Une entreprise dont le site n’explique rien de ce qu’elle fait a peu de chances d’être reprise correctement par un comparateur, qui lui-même se documente quelque part. Notre analyse de l’autorité thématique comme critère de reprise par les IA décrivait ce double étage : le site construit la matière, les sources tierces la font circuler.
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Ce qu’un site sans budget peut en faire dès maintenant
La première action ne coûte rien et prend une demi-heure. Posez à trois moteurs différents la question qu’un client poserait pour trouver un prestataire ou un produit comme le vôtre, sans jamais nommer votre entreprise, et notez les pages que les réponses citent. Vous obtenez la liste des comparatifs, annuaires et classements qui font autorité sur votre sujet aux yeux de ces moteurs. C’est votre cible, et elle est différente pour chaque secteur.
Vient ensuite le travail d’inscription, qui est fastidieux et rarement fait correctement. Beaucoup de ces pages acceptent des candidatures, des fiches ou des corrections, et la plupart des entreprises ne les envoient jamais. Vérifier que vos informations sont exactes là où elles figurent déjà vaut souvent mieux que courir après une nouvelle mention. Une fiche périmée dans un comparatif cité vous dessert plus qu’une absence, puisque le moteur reprendra la version fausse.
Un point de vigilance mérite d’être posé avant de se lancer, parce qu’il évite une déception classique. Sur le second relevé, la présence obtenue en trente jours s’est traduite par 18,5 % des nouveaux utilisateurs arrivés par des liens de recommandation, et 3,25 % identifiés par le canal AI Assistant de Google Analytics. Ces proportions restent modestes rapportées à l’ensemble du trafic, et elles portent sur une seule entreprise. Le travail sur les comparatifs construit une présence là où se prennent les décisions d’achat, sans produire un afflux de visites comparable à une bonne position dans les résultats classiques. Les deux objectifs se mènent en parallèle.
Reste la question du suivi, et elle se règle sans dépenser. Les mêmes requêtes rejouées tous les mois, notées dans un simple tableau, suffisent à voir si la présence bouge. Notre relevé sur ce que partagent réellement les sites cités dans les AI Overviews insistait déjà sur ce point : la mesure régulière d’un petit échantillon apprend davantage qu’un outil payant mal exploité. Trente minutes par mois posent une base sérieuse pour décider où mettre votre énergie ensuite.

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